[Défi communication semaine 12/15] Tout le monde fait des erreurs, moi aussi

Le propre même de l’humain est d’apprendre, en permanence, et pour ça il existe un mécanisme très efficace : essayer, échouer, comprendre,  adapter, recommencer ! Vous n’êtes pas convaincu par ce principe ? J’ai alors une question simple : est-ce que vous marchez ? Si oui, comment est-ce arrivé ? Êtes-vous né(e) en sachant marcher ? Est-ce qu’un jour vous vous êtes dit « Ok, assez d’être à quatre pattes, je me mets debout et je marche, je cours ! » ? La réponse est bien évidemment non. Vous avez fait des centaines voire des milliers d’erreurs et de tentatives, avant de pouvoir ne serait-ce que vous tenir debout, puis après faire un premier pas, avancer, et rester debout. Il en va de même pour tout ce qu’on sait. Dans votre activité actuelle, peu importe le niveau que vous avez atteint, vous n’avez pas commencé à ce niveau là. C’est une succession d’apprentissages.

Alors, effectivement, il existe des cours, des livres, des enseignements pour nous permettre d’aller plus vite. Cependant, dès lors que l’on pratique, quoi qu’il arrive, on va faire des erreurs, ou alors c’est qu’on ne progresse pas dans cette activité. Aussi, pensez à cette notion là : tout cours provient de la synthèse des erreurs et tentatives d’autres personnes avant vous ! Avant de pouvoir écrire un manuel de mathématiques, de physique, de chimie, ou quoique ce soit, des personnes ont du faire des erreurs, des tentatives pour découvrir et mettre au point tout ce savoir, afin de le restituer à d’autres personnes. Ensuite, celles-ci peuvent démarrer à un point de connaissance plus avancé plus rapidement, afin de faire leurs propres erreurs et tentatives pour faire avancer le domaine en question.

Comme le disait Thomas Edison :

Je n’ai pas eu 1000 échecs avant de réussir à créer l’ampoule électrique, mais j’ai réussi à trouver 1000 façons de ne pas faire une ampoule.

Principes de la semaine

Principe 23 : Faites remarquer défauts ou erreurs de manière indirecte

Personne n’apprécie que l’on dénigre ouvertement ses actions, ses réalisations. Même si ce sont des erreurs, on opte souvent pour un réflexe « défensif » dans lequel on ne veut pas admettre nos erreurs, ou très difficilement. N’avez-vous jamais expérimenté la situation suivante : une personne vient vous faire remarquer une erreur ou un comportement inapproprié, et que tant que la personne était en face de vous vous refusiez de l’admettre, mais une fois partie et votre calme retrouvé, vous dire que, finalement, elle avait raison ? La question « riche » que vous devez vous poser alors est : comment aurait dû agir cette personne pour que je ne me sente pas agressé(e)/offensé(e) ? Et avec la réponse à cette question, vous pourrez signifier, de manière indirecte et en douceur les défauts et erreurs aux autres.

Parfois, il suffit de corriger soi-même la situation, si possible, et ensuite faire remarquer à la personne concernée combien sans cette erreur ou ce défaut c’est bien mieux — sans jamais mentionner que la personne est en faute. Ainsi, quand elle refera la « faute », elle pourra se rendre compte par elle-même que quelque chose ne va pas et qu’il faut corriger. Il est souvent bien plus facile de montrer ce qui est « bien » pour que les personnes puissent se rendre compte par elles-mêmes des défauts à corriger, et appliquer les bonnes mesures.

Principe 24 : Mentionnez vos erreurs avant de corriger celles des autres

Comme mentionné en introduction, tout le monde fait des erreurs. C’est le principe même de notre système d’apprentissage, et nous bâtissons notre civilisation en capitalisant sur les erreurs et tentatives faites par tous nos prédécesseurs. De même, dans votre activité, dans votre vie de manière générale, vous en êtes arrivé là où vous en êtes par apprentissage, avec son lot d’essais et d’erreurs. Tout ceci constitue votre propre expérience de votre activité et de votre vie. Et, rassurez-vous (ou pas !), vous ferez des erreurs jusqu’à la fin de votre vie 😉 Ne perdez jamais cette idée de vue, car c’est une grande richesse à transmettre au monde ! Les enseignements que vous avez reçus proviennent de la synthèse des erreurs et essais des personnes qui vous ont précédé ! Pourquoi ne pas participer à la formation des générations futures en faisant profiter de votre savoir, et de vos erreurs et des apprentissages que vous en avez tiré ?

Aussi, quand vous faites face à une personne qui fait une erreur, et qui n’a pas toute votre expérience (forcément, vous avez déjà vécu et fait cette erreur pour pouvoir la qualifier comme erreur chez l’autre 😉 ), soyez humble et rappelez-vous à quel moment ça vous est arrivé. Et même si ce n’est pas exactement la même chose, mentionnez que vous en avez fait et que vous en faites encore. Ça calmera immédiatement votre interlocuteur, et vous pourrez ainsi transmettre votre savoir pour que la personne puisse, tout comme vous l’avez fait par le passé et aujourd’hui encore, progresser et devenir encore meilleure !

Bilan

Évoluant maintenant depuis plusieurs années sur le même projet, je considère avoir acquis une certaine expérience, tant dans le domaine technique que relationnel. J’ai pu à de maintes reprises faire face à la situation dans laquelle une chose ne fonctionnait pas comme je le voulais, pester contre cette « maudite personne » qui l’avait écrite, pour au final me rendre compte que cette personne, c’était moi, quelques mois voire quelques années plus tôt ! J’ai ainsi pu développer ma philosophie qui consiste, quand quelqu’un vient me dire que quelque chose ne fonctionne pas dans le projet, à dire avec un grand sourire « ha ! c’est peut-être ma faute ! 🙂 ». Il arrive, assez régulièrement, que ce soit le cas, et pour tous les autres cas, le fait que je sois dans cet état d’esprit permet à la personne qui a fait cette erreur de se sentir mieux, car elle n’est pas la seule dans ce cas. C’est donc une manière de mettre en œuvre le Principe 24. L’astuce d’utiliser l’humour et surtout l’auto-dérision permet de créer un contexte bienveillant. De même, j’aime à transmettre l’idée que tout ce qui est fait a été fait pour une bonne raison et du mieux possible au moment où ça a été fait, et qu’il est possible que ça ne corresponde plus aux attentes d’aujourd’hui, et qu’il serait bon de se pencher sur le sujet pour l’améliorer et en faire une meilleure version. Quand on a l’esprit ouvert, on accepte plus facilement les critiques, et surtout on les prend comme des sources d’apprentissage qui nous permettent de nous améliorer et d’avancer toujours plus loin.

La mise en pratique du Principe 23 est quant à elle un peu plus subtile. Je dois bien avouer que j’ai plutôt une approche directe, sur le thème de l’humour. Cependant, une manière que je trouve intéressante est de la combiner avec l’approche du « je n’aurais pas fait comme ça, mais pourquoi pas, voyons ce que ça donne ». Je me positionne ici avec un niveau de certitude assez élevé sur le fait que la personne a commis ou va commettre une erreur, mais je laisse le champ ouvert au fait que je peux me tromper, et que je serais ravi d’apprendre de « mon » erreur. J’aime aussi amener la personne à découvrir sa propre erreur en lui posant des questions, lui permettant de pousser son cheminement plus loin, et essayer de voir sa réalisation sous différents angles, et ainsi voir ce qui pourrait ne pas aller. C’est une des manières que j’ai trouvées pour faire passer le message et surtout essayer de transmettre mon état d’esprit afin que les autres puissent aussi développer le muscle du questionnement et ne pas avoir peur de faire des erreurs, car quoiqu’il arrive tout le monde en fait, et c’est comme ça qu’on avance !

L’astuce supplémentaire que j’aime ajouter est qu’à chaque « erreur » trouvée, non seulement on peut y trouver une solution, mais surtout comprendre pourquoi ça a été fait comme ça, dans quel contexte, et quelle leçon on peut en tirer. Le fait de rendre le processus visible et vivant permet, selon moi, de rendre l’apprentissage bien plus efficace, et surtout crée une bien meilleure ambiance parmi les personnes qui mettent ce principe en pratique.

En conclusion, on fait toutes et tous des erreurs, et c’est tant mieux, cela veut dire que l’on progresse. L’important est de savoir en tirer parti, et de s’en servir pour faire avancer les autres. Loin d’être quelque chose de mauvais, l’erreur fait partie du processus et est une source intéressante d’apprentissage dont il faut se servir.

Et vous, faites-vous des erreurs ? Accueillez-vous avec bienveillance et soif d’apprendre vos erreurs, quand vous les découvrez ou qu’on vous les fait voir ? Quelle est votre méthode à vous pour indiquer en douceur aux autres leurs erreurs ?

 


Liens vers les épisodes du défi communication :

Semaine 1 : ici

Semaine 2 : ici

Semaine 3 :  ici

Semaine 4 : ici

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Semaine 13 : ici

Semaine 14 : [à venir]

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