Contourner le chemin de la procrastination

De nos jours, il y a tellement d’options pour s’occuper, se distraire, qu’il peut devenir difficile de se mettre à la tâche, pour réaliser quelque chose qui nous tient à cœur. Ça peut être l’écriture d’un livre, aller faire du jogging, jouer d’un instrument, faire un appel ou écrire une lettre à une personne qu’on aime. Dans le cas où on se dit « ok, je le ferai plus tard, je regarde d’abord un épisode de cette série », puis on en regarde un deuxième, puis on tombe sur autre chose. Et finalement, on n’avance pas sur ce qu’on avait prévu de faire. C’est là tout l’art de la procrastination, qui est de repousser ce qu’on veut faire à plus tard. Je vais présenter 3 astuces et 1 réflexion qui permettent de s’affranchir de cet art.

1. Je m’engage publiquement sur mon projet. Le fait de parler de son projet/objectif à un maximum de personnes permet d’utiliser un biais de notre psychologie. En effet, personne n’aime vivre le moment où quelqu’un te demande « alors tu en es où dans ton projet ? tu as bien avancé ? » et qu’on doit trouver une explication sur le fait que non, on n’a pas avancé. Ainsi, pour éviter de souffrir, on va inconsciemment se motiver pour avancer sur notre projet.

2. Je me motive pour 2 minutes. Cette technique utilise elle aussi un autre biais cognitif très puissant. Il suffit de se motiver pour se dire « ok, je vais y consacrer 2 minutes ». Le but ici est de le faire sincèrement. C’est-à-dire que dans le pire des cas, j’arrête vraiment au bout de 2 minutes si je n’arrive pas à continuer. Mais ce qu’il se passe bien souvent, c’est qu’une fois la machine lancée, les 2 minutes sont largement dépassées.

3. Faire l’analyse du pourquoi et des conséquences. Cet exercice consiste à lister tous les points qui font que c’est important d’avancer dans ce projet. De mettre en lumière le pourquoi de départ. Pourquoi est-ce qu’on s’est lancé dans ce projet ? Un exercice complémentaire est de lister toutes les conséquences de ne pas avancer sur ce projet. Quel est le prix à payer si je n’avance pas ? Dans un cas comme dans l’autre, pour chaque élément listé, il peut être intéressant d’aller creuser encore plus loin, et de pousser le même mécanisme d’analyse sur chacun des points. Cet exercice peut durer très longtemps, mais il permet surtout d’aller trouver soit la réelle inspiration que l’on a dans le projet (en étant sincèrement et profondément touché(e)), soit de déterminer avec certitude qu’on ne veut pas le faire (pas maintenant, pas de cette façon). Cet exercice peut aussi permettre de redéfinir le projet, ses objectifs, voire de comprendre qu’en fait ce projet n’est qu’une forme, et que ce qui nous inspire est quelque chose d’autre (et alors on peut changer de projet pour un qui est encore plus en accord avec notre inspiration profonde).

Ces trois astuces sont étonnement puissantes pour pouvoir avancer sur ses projets. Cependant, la réflexion sur laquelle on peut se pencher est la suivante : si après avoir utilisé ces 3 astuces je n’arrive toujours pas avancer sur mon projet (la peur des critiques et de potentiellement décevoir les personnes auprès de qui je me suis engagé(e) n’est pas assez forte, et/ou à chaque fois j’arrête après les 2 minutes, même en ayant poussé loin l’analyse du pourquoi), est-ce vraiment un projet pour moi ? Bien souvent on a des projets qui ne sont pas tout à fait pour nous, du moins dans leur forme, ou ce n’est pas le bon moment, ou avec les bonnes personnes. Il n’y a aucun mal à ça. C’est même plutôt une bonne nouvelle que d’être pleinement conscient et honnête avec soi-même pour reconnaître que je serais plus en accord avec moi-même et je serais certainement plus heureux si j’abandonnais ce projet et me consacrais à un autre projet pour lequel j’ai moins besoin d’utiliser ces astuces pour avancer (bien que la 3e soit vraiment un boost dans tous les cas). C’est une réflexion à mener après avoir fait les exercices de l’astuce 3, qui permet d’avoir une vision plus claire sur nos intentions vis-à-vis du projet.

Attention cependant à ne pas tomber dans la facilité de dire « j’ai essayé, ça n’a pas marché, donc ce n’est pas pour moi et j’abandonne ». Encore une fois, il est question ici d’être honnête et sincère avec soi-même. Ces astuces sont justes là pour pallier le manque de motivation que l’on expérimente tous certains jours. Le seul but est d’avancer pour se construire la vie qui nous plait et nous rend heureux 🙂